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La Presse Canadienne

Sommet de Copenhague: Nicolas Sarkozy tente de rallier le Commonwealth et l’Amazonie

THE ASSOCIATED PRESS
à 10h03 HAE, le 25 novembre 2009.

PARIS - Nicolas Sarkozy promet de mouiller sa chemise pour aboutir à un accord "ambitieux" et "contraignant" à l'issue du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique.

Dans cette optique, il se rend jeudi au sommet des pays de l'Amazonie à Manaus à l'invitation de son homologue brésilien Luiz Ignacio Lula da Silva, puis vendredi au sommet des pays du Commonwealth réunis à Trinidad-et-Tobago, pour tenter de rallier le plus grand nombre de pays à la position européenne.

"Il s'agit de l'avenir de nos enfants", n'a cessé de marteler le président français ces dernières semaines, rappelant que si l'objectif de limitation du réchauffement climatique à 2 degrés Celcius par rapport à l'ère pré-industrielle n'était pas atteint, il y aurait des conséquences irréversible. Un discours relayé par la communauté scientifique et les autres pays membres de l'Union européenne qui insistent sur "l'urgence à agir".

Ce discours est cependant moins porteur auprès des pays émergents et des pays sous-développés qui ne veulent pas mettre en péril leur croissance économique en acceptant de trop fortes contraintes en matière de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Si le Brésil a pris des engagements ambitieux, c'est loin d'être le cas de l'Inde, de la Chine, de l'Afrique du Sud et surtout des Etats-Unis.

A Manaus, Nicolas Sarkozy, associé à son ami Lula, tentera donc de convaincre les sept autres pays de l'Amazonie -Colombie, Venezuela, Pérou, Bolivie, Equateur, Guyana et Surinam-d'endiguer la déforestation de la forêt vierge qui contribue grandement au déséquilibre climatique. Le Brésil a ainsi promis de réduire ses gaz à effet de serre de près de 40% rien qu'en réduisant drastiquement la déforestation.

Si en Amazonie, Nicolas Sarkozy peut compter sur le soutien de poids de Lula, la deuxième étape de son voyage à Port d'Espagne sera plus délicate. Invité par le Premier ministre britannique Gordon Brown, il doit y avoir un déjeuner de travail avec plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement de pays du Commonwealth.

A l'Elysée, on dit espérer la présence des Premiers ministres indien Manmohan Singh, canadien Stephen Harper et australien Kevin Ruud, ainsi que du président sud-africain Jacob Zuma. Mais aussi des représentants de pays vulnérables, insulaires ou forestiers, comme le Bangladesh, les Maldives ou la Papouasie.

Autant de pays qui n'ont encore avancé aucun objectif chiffré mais dont certains pourraient peser lourd dans la balance, notamment l'Inde et son milliard d'habitants. "Les Indiens n'accepteront pas que leur rattrapage économique soit freiné par le traité de Copenhague", analyse-t-on à l'Elysée. "Il faudra aider les Indiens. Les questions de coopération technologique et de transferts financiers sont fondamentaux dans ce cas", ajoute-t-on dans l'entourage de M. Sarkzoy.

Autre pays à rallier: l'Afrique du Sud, qui pourrait entraîner dans son sillage une partie de ses voisins africains. "Le bassin du Congo est le deuxième poumon de la planète après l'Amazonie", note-t-on côté français. Nicolas Sarkozy, qui avait l'intention de se rendre en Afrique avant Copenhague, pourrait finalement recevoir une partie de ses homologues africains à Paris pour évoquer ce sujet avec eux. De même, le Premier ministre de l'Indonésie, autre pays forestier, s'arrêtera à Paris en route vers la capitale danoise.

A l'Elysée, on ne cache pas qu'on espère toujours aboutir à Copenhague à "une déclaration politique qui fixera des objectifs contraignants", "un texte précis qui couvre tous les champs de la négociation, l'atténuation, le financement, les échanges technologiques" et en annexe "des chiffres concernant les réductions des émissions et le financement". Le tout pour aboutir à un traité d'ici la fin 2010 au plus tard, précise-t-on à la présidence française.

Mais rien ne sera possible sans les Etats-Unis et la Chine, les deux champions du monde de la pollution. Il s'agit donc d'ici le 18 décembre de constituer un large front anti-sino-américain pour renverser la vapeur, ce qui pourrait être le but inavoué du voyage de Nicolas Sarkozy.

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