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Le Comité des langues officielles en visite à Toronto

«On pense encore que les francophones sont un groupe ethnique»

National

Par Aurélie Lebelle – Semaine du 14 novembre au 20 novembre 2006

Le Comité des langues officielles en visite à Toronto

Les députés fédéraux Sylvie Boucher et Yvon Godin.

Le Comité permanent des langues officielles est sur la route pour une tournée nationale. Nouveauté depuis sa création 25 ans plus tôt, il réunit à chaque rencontre des députés de tous bords et des représentants locaux des minorités linguistiques pour évoquer les problèmes et rencontrer les gens sur le terrain.

Le 9 novembre, le Comité s’est arrêté à Toronto pour prendre connaissance des revendications des organisations francophones torontoises. Six organismes avaient répondu à l’appel d’Yvon Godin, le président de séance et député du Nouveau parti démocratique.

«L’objectif est de voir comment cela marche sur le terrain, souligne Yvon Godin. Nous voulons des exemples d’expériences locales sur les services rendus en français et nous voulons savoir si le Plan d’action sur les langues officielles, qui existe depuis 2003, fonctionne toujours.»

Les exemples d’insuffisances sur les services en français à Toronto ne se sont pas fait attendre. Nicole Rauzon-Wright, présidente du réseau franco-santé du Sud de l’Ontario, s’est indignée de l’insuffisance des soins de santé en français avant d’ajouter que «les francophones sont toujours considérés comme une minorité raciale. Le gouvernement fédéral ne reconnaît pas l’obligation de donner des services en français».

Le Centre francophone de Toronto, également présent, a rappelé l’enjeu de la santé mais aussi celui d’un service juridique adapté à une communauté francophone torontoise souvent issue de l’immigration. «Nous avons noté une détérioration des services de l’immigration et des réfugiés car les clients francophones sont envoyés vers Montréal et doivent correspondre par vidéoconférence», a expliqué Jean-Gilles Pelletier, le directeur général du Centre.

Des plaintes qui se sont accumulées pendant toute la matinée et qui soulevaient un problème de fond: «On pense encore que les francophones sont un groupe ethnique» a décaré Marcelle Jompe-LeClaire, présidente de la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario.

Après quelques exposés sur la situation des francophones, les députés sont tombés dans des joutes oratoires inutiles allant du discours douceureux envers les organismes au règlement de comptes envers l’opposition.

Ainsi, tandis que le député conservateur Pierre Lemieux a précisé que la présence politique permettait «d’écouter les réussites, les défis et les inquiétudes des francophones», le député libéral Jean-Claude d’Amours a questionné les intervenants sur le projet conservateur d’élimination du programme de contestation judiciare en sous-entendant les impacts néfastes que cela causerait au niveau local.

Les députés n’ont presque jamais cessé, lors de leurs prises de parole, de se renvoyer la balle. Vivian Barbot, du Bloc Québécois, a rappelé que la Constitution mentionnait l’obligation du gouvernement à distribuer les mêmes services aux francophones qu’aux anglophones avant d’ajouter: «Vous faites le travail du gouvernement».

Les discours animés n’ont finalement pas été très convaincants même si les hommes politiques se sont confrontés aux problèmes locaux. «Cette après-midi, nous allons visiter le Centre francophone de Toronto pour voir comment les intervenants travaillent localement», a expliqué le président de séance. Reste à savoir si les revendications des organismes seront pris en considération pour modifier le Plan d’action. Un rapport du Comité sera rédigé et remis au gouvernement fédéral pour l’aider dans sa démarche de modification.

«Cela fait 402 ans que les francophones sont installés au Canada et je me demande quand ils seront respectés comme tels», a mentionné Yvon Godin avant d’ajouter: «Les anglophones et les francophones sont les deux peuples fondateurs du Canada. Nous avons une loi sur les langues officielles mais nous sommes obligés d’avoir un ministre et un comité permanent pour suivre ces questions».

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