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Syrie: bombardements et violents combats dans plusieurs villes

International

Par The Associated Press – Semaine du 14 août au 20 août 2012

Syrie: bombardements et violents combats dans plusieurs villes

Des jeunes passent près d'un char détruit et d'une mosquée endommagée à Azzaz. (Photo: AP)

à 16h23 HAE, le 20 août 2012.

BEYROUTH - Les forces gouvernementales syriennes ont bombardé Alep, Daraa et une banlieue de Damas lundi, au deuxième jour d'une importante fête musulmane, tuant jusqu'à 30 personnes, ont déclaré des militants de l'opposition.

La journée de dimanche, premier jour de la fête de l'Aïd el-Fitr qui souligne la fin du Ramadan, a été marquée par une relative accalmie en Syrie. Mais la reprise des combats montre que le régime du président Bachar el-Assad est déterminé à poursuivre sa campagne pour écraser le soulèvement, malgré l'importance de cette fête pour les musulmans.

Des militants syriens ont affirmé qu'un assaut mené par des chars et des avions de l'armée gouvernementale avaient détruit deux maisons à Alep, tuant au moins 14 personnes. Les deux maisons étaient situées dans les quartiers Al-Sakhour et Qadi Askar, selon le militant Mohammed Saïd, joint par Skype à Alep.

La plus grande ville de Syrie est le théâtre de combats quotidiens depuis plusieurs semaines. Les forces loyales au président Bachar el-Assad tentent de reprendre le contrôle de quartiers tenus par les rebelles, sans grand succès.

Selon Mohammed Saïd, les rebelles ont fait des avancées lundi dans les quartiers Al-Jadidah et Maadi Telal, dans le nord-est d'Alep, au terme de violents combats.

Dans la ville de Daraa, berceau du soulèvement dans le sud du pays, d'intenses affrontements entre les troupes gouvernementales et les rebelles ont fait six morts, dont deux enfants et deux femmes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme et les Comités locaux de coordination, deux organisations de l'opposition.

En banlieue de Damas, le militant El-Said Mohammed a déclaré que sept personnes avaient été tuées et 70 autres blessées dans un bombardement des forces gouvernementales à Moadamiyeh. Selon lui, une trentaine de soldats du secteur ont fait défection dimanche, ce qui pourrait expliquer le bombardement de lundi.

El-Said Mohammed a été joint par Skype dans la grande région de Damas. Ses informations n'ont pas pu être vérifiées de source indépendante, mais selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, le bombardement à Moadamiyeh a tué au moins dix civils et trois rebelles.

Le diplomate algérien Lakhdar Brahimi, qui a accepté vendredi de remplacer Kofi Annan au poste d'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, a affirmé que son travail ne serait pas simple. Il a admis qu'il n'avait pas d'idée concrète pour mettre fin au conflit et a souligné que sa mission serait difficile sans une position unifiée du Conseil de sécurité de l'ONU.

«Le problème n'est pas ce que je peux faire différemment, mais plutôt de savoir si les autres vont agir différemment», a dit M. Brahimi dans une entrevue accordée à l'Associated Press dimanche. «Ce dont j'ai besoin, c'est qu'ils parlent d'une seule voix et qu'ils soutiennent clairement ce que je fais», a-t-il dit en référence aux pays membres du Conseil de sécurité.

M. Brahimi a souligné que la mission de son prédécesseur avait échoué «parce que la communauté internationale ne l'a pas soutenu autant qu'il en avait besoin».

Apparition d'Assad

La télévision officielle syrienne a diffusé des images du président Bachar el-Assad priant dans une mosquée de Damas dimanche, à l'occasion de l'Aïd el-Fitr marquant la fin du mois de Ramadan. C'est sa première apparition publique depuis un attentat qui a tué le 18 juillet dans la capitale le ministre de la Défense et trois hauts responsables des services de sécurité.

Bachar el-Assad se trouvait dimanche à la mosquée Rihab al-Hamad, dans le quartier d'Al-Muhajirin à quelques centaines de mètres seulement du palais présidentiel. D'après des habitants de la capitale, les forces de sécurité ont bouclé les environs de plusieurs mosquées dès samedi soir, apparemment pour semer la confusion sur le lieu où se rendrait Assad.

Contrairement aux années précédentes, la télévision n'a pas montré d'images du convoi présidentiel arrivant et partant de la mosquée. On voit simplement Bachar el-Assad, en costume et cravate, assis sur le sol de la mosquée. Puis, plus tard, debout et serrant rapidement la main de dignitaires avant de partir.

Pour le militant de l'opposition Mohammad Saïd, "tout ça indique l'état de confusion et de manque de confiance du régime. Cela montre qu'ils n'ont pas la sécurité sous contrôle dans la capitale".

La dernière apparition en public du président syrien remonte au 4 juillet, lors d'un discours devant le Parlement. Le 18 juillet, un attentat a visé le bâtiment de la Sécurité nationale à Damas, tuant le ministre de la Défense et trois autres responsables dont un beau-frère du président syrien.

Depuis, par ailleurs, le régime alaouite a enregistré plusieurs défections importantes, dont celle de l'ancien Premier ministre Riad Hijab, tandis que les combats contre l'insurrection se poursuivent à Damas et Alep.

Samedi, les autorités syriennes ont démenti les rumeurs de défection du vice-président Farouk al-Chareh, dont ont fait état la presse arabe et des membres de l'Armée syrienne libre. M. Al-Chareh, selon ses services, "n'a songé à aucun moment à quitter le pays". Le vice-président n'apparaissait pas avec Bachar el-Assad à la mosquée sur les images diffusées par la télévision.

D'après des militants de l'opposition et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les célébrations de l'Aïd el-Fitr étaient marquées par de nombreuses manifestations contre le régime, dans tout le pays. "Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah, et Assad est l'ennemi de Dieu!", "Dieu protège l'Armée syrienne libre (insurrection)!", criaient de nombreux fidèles d'une mosquée du quartier d'Al-Zahera à Damas, selon une vidéo mise en ligne par des militants.

Selon l'opposition, les forces gouvernementales ont bombardé un cimetière de Rastan (centre), ville sous le contrôle de l'insurrection, où des fidèles venaient se recueillir sur la tombe de proches pour l'Aïd el-Fitr. Une femme a été tuée, a ajouté l'OSDH. Ces informations n'ont pas été confirmées de source indépendante.

Affrontements près de l'aéroport

Vendredi, les forces gouvernementales syriennes affrontaient les opposants près de l'aéroport d'Alep, la deuxième ville de Syrie dans le nord-ouest du pays, ont déclaré les médias officiels. À Damas, la capitale, les combats se poursuivaient.

Des activistes contre le régime ont signalé de gros bombardements et des affrontements dans de nombreuses zones de la capitale, notamment dans les quartiers Ouest, supposés abriter des opposants. Moaz al-Shami, un militant basé à Damas, a décrit des bombardements "incessants" et déclaré que des tireurs étaient installés sur le mont Kassioun qui surplombe la ville.

L'éclatement de combats près de l'aéroport d'Alep laisse penser que le conflit se déplace vers de nouveaux fronts, même si les insurgés ont été délogés de certaines zones.

L'agence de presse officielle SANA a déclaré que des "groupes terroristes armés", le terme désignant les opposants, avaient été repoussés de secteurs situés des deux côtés de l'aéroport, à environ une quinzaine de kilomètres au sud-est du centre historique d'Alep.

Les combats dans les deux principales villes montrent l'intensité de la guerre civile et l'incapacité du régime de Bachar el-Assad d'écraser les opposants.

Les civils, quant à eux, sont de plus en plus victimes des combats, et fuient nombreux vers la Turquie voisine.

Adrian Edwards, porte-parole du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), a déclaré que 3500 personnes avaient passé la frontière turque mardi et mercredi. Il a précisé aux journalistes, à Genève, que près de 65 000 Syriens étaient installés dans neuf camps de réfugiés en Turquie, dont environ 40% arrivés ce mois-ci. Près de 2700 Syriens étaient arrivés en Jordanie entre mardi et vendredi, dépassant les 150 000 réfugiés dans ce pays.

La secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires des Nations unies, Valerie Amos, a estimé le nombre de personnes ayant besoin d'aide d'urgence à 2,5 millions en Syrie.

20 000 morts

Les observateurs de l'ONU se préparaient vendredi à quitter la Syrie après l'échec des tentatives internationales de faire respecter un cessez-le-feu. Les Nations unies prévoient de conserver un petit bureau de liaison.

Selon les militants syriens, plus de 20 000 personnes sont mortes au cours des 17 mois de conflit, et des centaines de milliers ont dû fuir de chez elles.

Vendredi matin, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a affirmé que le régime de Bachar el-Assad subirait "de nouvelles défections de grande ampleur", lors de sa tournée dans les pays limitrophes de la Syrie. "Je souhaiterais le plus vite possible que Bachar el-Assad tombe", a répété Laurent Fabius, en expliquant que la France ne pouvait livrer que "des équipements non létaux" à l'insurrection.

Le Qatar, l'Arabie saoudite et d'autres pays font passer des armes aux rebelles syriens mais "nous, les Européens, nous avons décidé un embargo sur les armes", a rappelé le chef de la diplomatie française.

Le conflit menace de s'étendre au Liban. Mercredi, des membres armés du clan familial chiite d'un Libanais détenu par l'opposition syrienne ont déclaré avoir capturé plus de vingt ressortissants syriens et un Turc, affirmant vouloir les retenir en otage jusqu'à la libération de leur parent.

Cette contagion du conflit syrien au Liban a amené plusieurs pays du golfe Arabo-persique à appeler au départ immédiat de leurs ressortissants.

Le ministre turc des Affaires étrangères a déclaré qu'un autre ressortissant turc, un chauffeur routier du nom d'Abdel Basit Erslan, avait été enlevé par des hommes armés à Choueifat, dans la banlieue de Beyrouth, jeudi soir. La Turquie a appelé ses ressortissants à éviter tout voyage vers le Liban et demandé aux Turcs présents sur place de prendre "toutes les précautions nécessaires" pour assurer leur sécurité.

Frappes aériennes

Au moins 40 personnes ont été tuées et une centaine blessées par des frappes aériennes de l'armée syrienne sur un quartier résidentiel de la ville d'Azaz, au nord de la Syrie, a déclaré jeudi Human Rights Watch (HRW). Le conflit continue de provoquer des troubles au Liban voisin.

Les bombardements de mercredi ont touché nombre de femmes et d'enfants à Azaz, ville de 35 000 habitants tenue par les opposants au président Bachar el-Assad, a ajouté l'organisation de défense des droits de l'Homme.

Des journalistes de l'agence Associated Press avaient repéré neuf corps dans les décombres, dont un bébé, juste après les attaques. Sur place deux heures après, Human Rights Watch a porté ce chiffre à plus de 40.

L'hôpital local, débordé par l'arrivée des blessés, a fermé ses portes et envoyé les victimes de l'autre côté de la frontière turque.

"Cette terrible attaque a tué et blessé de très nombreux civils et détruit tout un pâté de maison", a déclaré Anna Neistat, la directrice par intérim des opérations d'urgence de l'organisation non gouvernementale (ONG), ajoutant: "Une fois de plus, les forces gouvernementales syriennes ont attaqué avec un mépris innommable pour la vie des civils."

Selon l'organisation, les frappes aériennes visaient peut-être deux bâtiments de l'Armée syrienne libre situés dans le voisinage.

L'un de ces bâtiments est le siège de la brigade locale de l'Armée syrienne libre (ASL), à deux rues du pâté de maisons touché. L'autre est un centre de détention où l'ASL garde des "détenus de sécurité", c'est-à-dire du personnel militaire gouvernemental et des membres de la milice shabiha pro-gouvernementale. Aucun des deux bâtiments n'a été endommagé.

Otages libanais chiites

À Azaz, le sort des onze Libanais chiites capturés en mai par les opposants au régime Assad demeurait incertain. Mercredi, les médias libanais donnaient des informations contradictoires et on ne savait pas s'ils avaient été touchés ou non par les bombardements.

Jeudi, le puissant clan familial chiite d'un Libanais détenu par l'opposition syrienne, qui avait déclaré avoir capturé plus de 20 ressortissants syriens ainsi qu'un Turc mercredi au Liban, a promis de continuer à en enlever d'autres tant qu'Hassane Salim al-Mikdad serait retenu en otage.

Maher al-Mikdad, un porte-parole de la famille, a prévenu jeudi que des otages seraient tués, "en commençant par les Turcs", s'il arrivait quelque chose à son parent.

Mercredi, des partisans du clan al-Mikdad ont vandalisé des dizaines de commerces appartenant à des Syriens dans un quartier de Beyrouth, avant de bloquer la route de l'aéroport en faisant brûler des pneus et en patrouillant avec des armes. L'accès n'a été rouvert que jeudi matin.

Le blocage a amené un avion d'Air France effectuant la liaison Paris-Beyrouth à se poser à Damas mercredi soir pour faire le plein avant de gagner Chypre. Le vol AF562 a finalement pu atterrir à Beyrouth jeudi après-midi, a confirmé la compagnie à l'agence de presse Sipa.

La contagion du conflit syrien au Liban a amené plusieurs pays du golfe Arabo-persique à appeler au départ immédiat de leurs ressortissants.

Attentat à Damas

Dans la capitale syrienne, un camion-citerne piégé a explosé mercredi devant un hôtel où séjournent des observateurs de l'ONU, blessant au moins trois personnes, selon la télévision officielle syrienne.

La déflagration a légèrement endommagé le Dama Rose Hotel, fracassant quelques fenêtres. Aucun des blessés n'est lié à l'ONU, a précisé le ministre adjoint des Affaires étrangères, Fayçal Mekdad. L'attentat n'a pas été revendiqué.

Des membres de l'opposition ont par ailleurs affirmé que l'armée syrienne et les rebelles s'étaient affrontés mercredi près du siège du gouvernement et de l'ambassade d'Iran à Damas.

Maath al-Shami, un militant présent dans la zone, a rapporté que des nuages de fumée s'élevaient derrière le bâtiment en construction de l'ambassade d'Iran. L'actuelle ambassade d'Iran et le siège du gouvernement syrien sont situés tout près, a-t-il précisé. «Nous avons entendu des tirs et des explosions pendant un moment», a déclaré le militant.

Plusieurs explosions ont touché la capitale syrienne au cours des dernières semaines. Le 18 juillet, un attentat a tué quatre généraux de premier plan, dont le beau-frère du président Bachar el-Assad. En mars, un double attentat-suicide avait causé la mort de 27 personnes à Damas.

Des membres de l'opposition ont par ailleurs affirmé que l'armée syrienne et les rebelles s'étaient affrontés mercredi près du siège du gouvernement et de l'ambassade d'Iran à Damas.

Maath al-Shami, un militant présent dans la zone, a rapporté que des nuages de fumée s'élevaient derrière le bâtiment en construction de l'ambassade d'Iran. L'actuelle ambassade d'Iran et le siège du gouvernement syrien sont situés tout près, a-t-il précisé.

«Nous avons entendu des tirs et des explosions pendant un moment», a-t-il dit.

Ailleurs dans le pays, les bombardements et les affrontements se sont poursuivis dans la ville d'Alep, selon l'opposition.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a déclaré que des insurgés tentaient de s'emparer d'un barrage stratégique dans la ville de Manbij, à l'est d'Alep, et que l'armée utilisait des hélicoptères de combat.

Les Comités locaux de coordination ont également signalé des violences dans la région d'Idlib, dans la province de Deir el-Zour, à Deraa, en banlieue de Damas et près d'un poste-frontière avec la Turquie pris par les rebelles en juillet.

Un responsable turc de la ville frontalière de Reyhanli a cependant affirmé, sous le couvert de l'anonymat, que le calme était revenu dans la matinée. L'agence de presse turque Anadolu a signalé l'arrivée de 757 réfugiés syriens en Turquie mercredi.

Pas de zones d'exclusion aérienne

Par ailleurs, le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, juge que l'instauration de zones d'exclusion aérienne en Syrie n'est "pas la priorité" malgré les appels répétés de l'insurrection armée syrienne confrontée à une escalade des attaques aériennes du régime.

Interrogé par l'agence Associated Press lundi, M. Panetta a expliqué que les États-Unis se souciaient surtout en ce moment de ce que les armes chimiques et bactériologiques syriennes se trouvent en sûreté et de fournir une aide humanitaire et non-létale aux rebelles.

La secrétaire d'État Hillary Rodham Clinton a récemment déclaré que Washington et la Turquie discutaient de diverses mesures, dont des zones d'exclusion aérienne en Syrie.

Si l'OTAN a pu imposer une zone d'exclusion aérienne en Libye l'an dernier, aidant l'insurrection à faire tomber le régime de Moammar Kadhafi au pouvoir depuis 1969, la Syrie possède des défenses aériennes relativement modernes beaucoup plus nombreuses et sophistiquées que celles de la Libye. Le régime de Damas achète des armes à la Russie et est soutenu par l'Iran.

L'armée du président syrien Bachar el-Assad multiplie les attaques aériennes depuis quelques semaines, utilisant des missiles pour repousser les forces rebelles sur des fronts clefs comme Alep, la capitale économique du pays, située dans le nord-ouest du pays.

Les militants de l'opposition estiment que plus de 20 000 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de contestation initialement pacifique contre le régime alaouite en mars 2011.

Le régime au bord de l'effondrement?

Des affrontements et bombardements ont été signalés mardi par l'opposition syrienne à Alep et dans la région d'Idlib (nord-ouest), dans la province de Daraa (sud) et dans des faubourgs de Damas. L'ex-premier ministre a assuré que le régime était près de s'effondrer et exhorté militaires et politiques à faire défection comme lui.

"Le régime est au bord de l'effondrement moralement et économiquement", a déclaré Riad Hijab lors d'une conférence de presse à Amman, s'exprimant pour la première fois en public depuis qu'il s'est enfui en Jordanie avec sa famille la semaine dernière. Selon son porte-parole, Mohammad Otari, il n'avait accepté le poste de Premier ministre le 23 juin que sous la menace de la mort.

Plus haut responsable du régime à avoir changé de camp à ce jour, Riad Hijab a affirmé qu'il était "impuissant à faire cesser l'injustice". Il a appelé les "dirigeants honorables" de son pays à l'imiter et "l'armée à suivre l'exemple des armées d'Egypte et de Tunisie en se rangeant du côté du peuple".

Pendant ce temps, Buthaina Shaaban, conseillère politique et en communication du président syrien Bachar el-Assad, se rendait à Pékin pour rencontrer le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jiechi. Le porte-parole du ministère, Qin Gang, a précisé que son pays envisageait d'inviter également des personnalités de l'opposition syrienne.

La Chine et la Russie sont vivement critiquées par l'Europe et les États-Unis notamment pour avoir mis leur veto à des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies qui auraient pu ouvrir la voie à des sanctions contre la Syrie.

Pékin souhaite que le gouvernement de Damas et l'opposition trouvent une solution politique pour mettre fin à la guerre civile. L'opposition estime que le conflit a fait au moins 20 000 morts depuis le début du mouvement de contestation, initialement pacifique, en mars 2011.

Par ailleurs, le Hezbollah a démenti "catégoriquement" dans un communiqué mardi l'appartenance à son organisation d'un homme capturé à Damas par les rebelles.

La guerre civile a ravivé les tensions religieuses en Syrie. Plusieurs attaques et enlèvements imputés aux rebelles ont visé des chiites libanais, iraniens ou irakiens en Syrie ces derniers mois. De nombreux insurgés les considèrent comme des partisans d'Assad. Le régime est en effet dominé par des alaouites, une branche du chiisme, alors que la majorité des Syriens sont sunnites.

Dans la vidéo fournie par l'insurrection et diffusée par la chaîne panarabe Al-Arabiya mardi, le prisonnier dit s'appeler Hassane Salim al-Mikdad et faire partie de 1500 combattants du Hezbollah, "des tireurs d'élite pour la plupart", envoyés en Syrie le 3 août. Il ajoute que le chef du mouvement chiite libanais, Cheikh Hassan Nasrallah, a demandé aux hommes avant leur départ de "soutenir le régime chiite et l'armée chiite contre les bandes armées sunnites". L'authenticité de l'enregistrement ne peut être vérifiée.

L'opposition syrienne accuse régulièrement le "Parti de Dieu", qui dément, de fournir des combattants à Damas. En mai, les rebelles ont capturé onze chiites libanais qui venaient de Turquie et se rendaient au Liban.

Un peu plus tôt ce mois-ci, ils ont aussi fait prisonniers 48 Iraniens près de Damas. Ils affirment que certains sont des Gardiens de la Révolution, corps d'élite, en "mission de reconnaissance", alors que l'Iran les présente comme des pèlerins. En juillet, 23 chiites irakiens ont été tués en Syrie, selon l'organisation confessionnelle Shiite Rights Watch basée à Washington.

Un avion abattu

Les rebelles syriens ont fait circuler lundi des vidéos censées montrer un avion des forces du régime de Bachar el-Assad se faire abattre par l'insurrection et le pilote entouré de militants armés après sa capture.

Selon SANA, l'agence de presse officielle de la Syrie, le pilote a dû s'éjecter en raison d'un problème technique survenu durant un entraînement. Elle a ajouté que des recherches étaient présentement en cours pour le retrouver.

Dans une première vidéo, on peut voir un MiG de conception russe prendre feu après avoir été touché par des balles tirées depuis le sol dans la province de Deir el-Zour, dans l'est du pays.

La deuxième, qui a été diffusée sur les ondes de la chaîne arabe Al-Arabiya, montre le pilote surveillé par des combattants armés. Celui-ci se présente comme étant le colonel Rafik Mohammed Suleiman, affirme avoir été bien traité et exhorte les officiers de l'armée syrienne à déserter.

L'authenticité des images fournies par les insurgés n'a pu être vérifiée de manière indépendante. Mais si les rebelles ont réellement descendu leur premier avion et mis la main sur leur premier otage important, cela pourrait signifier qu'ils ont maintenant des armes beaucoup plus puissantes en leur possession.

Quelques jours plus tôt, des manifestants avaient exhorté les alliés de l'insurrection syrienne, parmi lesquels figurent la Turquie et les pays du golfe Persique, de fournir des armes antiaériennes aux militants.

L'armée syrienne a récemment multiplié ses frappes aériennes. Le mitraillage des avions de guerre et les missiles tirés à bout portant par des hélicoptères ont forcé les insurgés à se replier à plusieurs endroits, dont à Alep, la plus importante ville du pays.

Dimanche, le leader du principal groupe de l'opposition avait de nouveau demandé à la communauté internationale d'établir une zone d'exclusion aérienne près des frontières afin de protéger la population civile des attaques des avions du régime Assad.

D'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme, plus de 50 personnes ont perdu la vie lundi dans des affrontements entre les forces de l'insurrection et du gouvernement. Trois journalistes basés en Syrie ont également été tués dans les derniers jours.

La chaîne de télévision pro-gouvernementale Al-Ikhbariya TV a aussi annoncé que deux autres reporters et leur chauffeur avaient été capturés par des rebelles près de Damas.

Des activistes soutiennent que le conflit amorcé en mars 2011 a coûté la vie à plus de 20 000 de personnes dans l'ensemble du pays. La commission indépendante du Conseil des droits de l'homme des Nations unies doit soumettre son rapport sur la situation en Syrie mercredi.

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