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L'Espagne demande l'aide de la zone euro pour recapitaliser ses banques

International

Par The Associated Press – Semaine du 5 juin au 11 juin 2012

à 20h50 HAE, le 9 juin 2012.

MADRID - Après la Grèce, l'Irlande et le Portugal, l'Espagne a confirmé samedi qu'elle allait devoir demander une aide financière de la zone euro, afin de renflouer son secteur bancaire en difficulté. L'Eurogroupe a fait savoir que Madrid pourrait recevoir jusqu'à 100 milliards d'euros (128 milliards $), même si le montant nécessaire n'a pas encore été chiffré.

Quatrième économie de la zone euro, l'Espagne est le pays le plus important à devoir demander l'aide de ses partenaires depuis le début de la crise de la dette.

Mais le ministre espagnol de l'Economie Luis de Guindos a souligné que cette aide était destinée uniquement à recapitaliser les banques et ne serait pas conditionnée à de nouvelles mesures d'austérité comme cela avait été le cas pour les plans de sauvetage grecs, irlandais ou portugais.

Le ministre n'a pas voulu préciser le montant de l'aide qui serait demandée, dans l'attente des résultats d'audits indépendants réalisés sur le secteur bancaire, qui devraient être publiés d'ici le 21 juin. Il a toutefois expliqué que Madrid demanderait de quoi permettre une recapitalisation, avec en plus une marge de sécurité "significative". L'aide reçue sera distribuée via le Fonds de restructuration bancaire (FROB), a ajouté le ministre.

Face aux turbulences sur les marchés, les efforts engagés par le gouvernement espagnol pour soutenir le secteur financier doivent être complétés par "les ressources nécessaires pour financer les besoins de recapitalisation", a-t-il reconnu.

"De ce fait, le gouvernement espagnol déclare son intention de demander un financement européen pour la recapitalisation des banques qui en ont besoin", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse après une téléconférence avec ses homologues au sein de l'Eurogroupe.

Cette téléconférence des ministres des Finances des 17 pays de la zone euro était consacrée à l'éventualité d'une demande espagnole. Dans un communiqué publié samedi soir, l'Eurogroupe a fait savoir que jusqu'à 100 milliards (128 milliards $) pourraient être débloqués pour l'Espagne, soit presque le montant du premier plan d'aide accordé à la Grèce en mai 2010. L'aide proviendra des fonds de sauvegarde européens et son montant exact sera déterminée par l'audit des banques. Le communiqué mentionne lui aussi la "marge de sécurité" nécessaire.

Vendredi, le FMI avait publié des estimations selon lesquelles les banques espagnoles ont besoin d'au moins 40 milliards d'euros pour se recapitaliser. Selon le FMI, qui a dévoilé ses estimations plus tôt que prévu, cette somme est un minimum. Il faut mettre en place un "pare-feu crédible", dont l'"expérience montre qu'il vaut mieux le surestimer que le sous-estimer", estime-t-il. Bankia, la quatrième banque du pays, a déjà demandé à l'Etat 23,5 milliards d'euros (30,31 milliards $) à elle seule.

Il y a dix jours encore, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy assurait que le secteur bancaire n'aurait pas besoin d'un plan de renflouement.

Le gouvernement espagnol a tenté de consolider le secteur bancaire et relancer le crédit nécessaire pour ranimer son économie en récession, alors que le chômage dépasse désormais les 24 pour cent. Mais le coût du sauvetage des banques — entre 40 et 100 milliards d'euros (entre 51 et 128 milliards $) selon les diverses estimations — risquait de déborder les finances publiques espagnoles déjà entamées par la crise.

Le gouvernement espagnol voulait attendre les résultats de l'audit sur ses banques avant de prendre une décision sur l'aide européenne. Des responsables et investisseurs européens ont invité Madrid à agir vite, disant redouter des troubles sur les marchés après les législatives grecques le 17 juin.

"Ce dont nous maintenant besoin, c'est crucial, c'est de transparence et de confiance. L'incertitude supplémentaire, la spéculation sur la tournure que vont prendre les événements sont toxiques pour les marchés", a commenté Andreas Schmitz, président de l'Association des banques allemandes. Mark Miller, analyste du consultant économique Capital Economics à Londres, jugeait lui essentiel d'évaluer d'abord les besoins exacts des banques et de ne pas se précipiter ce qui "pourrait faire empirer les choses".

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