The Tales of Hoffmann à la COC
Quête de la femme idéale
Par Annik Chalifour – Semaine du 17 avril au 23 avril 2012
Un tableau des Contes d’Hoffmann. Photo: Chris Hutcheson
Les femmes, le compositeur E.T.A. Hoffmann en était fou, mais sans vouloir se l’avouer. En trois tableaux l’écrivain romantique le démontre dans son opéra drôle et tragique The Tales of Hoffmann sur la musique de Jacques Offenbach, proposé en français par la Canadian Opera Company (COC) au Four Seasons for the Performing Arts, jusqu’au 14 mai.
Dans un cabaret allemand, en attendant Stella, la jeune femme qu’il aime, Hoffmann raconte à ses amis ses malheureuses amours passées.
Il aima trois femmes: Olympia, une ravissante poupée animée par l’artisan magicien Coppelius qui détruisit son œuvre par cupidité; la frêle Antonia qui mourut d’avoir trop chanté; puis Giulietta, une courtisane italienne qui voulut lui ravir son âme.
En fait, ces trois femmes représentent les trois facettes d’un même être: l’Éternel Féminin, la femme que tout homme recherche, Stella pour Hoffmann. Et l’homme devrait accepter chacune d’elles, sinon le bonheur lui sera refusé. Face à l’intenable, Hoffmann s’enivre. Stella, déçue par l’attitude de son amant, partira finalement au bras de Lindorf, un personnage corrompu et le rival d’Hoffmann.
L’opéra contient un prologue, trois actes et un épilogue. Avant sa mort le 5 octobre 1880, un peu plus de quatre mois avant la première représentation, Offenbach avait terminé la version piano, mais n’avait orchestré que le prologue et le premier acte. Par conséquent, plusieurs versions de l’opéra ont été faites, certaines différant beaucoup de l’œuvre originale.
La COC a toutefois repris les thèmes traditionnels des nouvelles fantastiques qui nourrissent l’opéra magistralement présenté: l’amour lié à l’ivresse et à la folie, la réincarnation de la femme adorée révélant à chaque fois un nouvel aspect de son tempérament, la jeune fille innocente et pure, ou encore la courtisane damnée.
Beaucoup d’émotions pour The Tales of Hoffmann, superbement joué par une panoplie d’artistes chevronnés et de la relève dont plusieurs interprètes canadiens incluant entre autres Ambur Braid (Stella), Andriana Chuchman (Olympia), Erin Wall (Antonia).
