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Mariette Carrier-Fraser élue présidente de l'AFO

Ontario français

Par Marta Dolecki – Semaine du 13 juin au 19 juin 2006

Mariette Carrier-Fraser élue présidente de l'AFO

Avec une nouvelle présidente à sa barre, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) semble prête pour un nouveau départ. Reste que les dissensions au sein de la communauté ne sont pas encore, elles, de l’ordre du passé.

Samedi dernier, 80 représentants d'organismes membres de l’AFO ont élu Mariette Carrier-Fraser lors de la première assemblée générale de l’organisme qui a eu lieu à Mississauga. Eddy Lukuna, animateur du projet de journal torontois La Tribune, et Léonie Tchatat, directrice générale du Centre des jeunes francophones de Toronto, étaient également dans la course.

L’assemblée générale et le forum communautaire ont rassemblé de 250 à 275 délégués, venus des quatre coins de la province. Cependant, des querelles persistantes au sein de la communauté sont venues assombrir ce qui aurait dû être jour de fête ou, du moins, marquer un nouveau virage pour l’ensemble des francophones de l’Ontario.

Une fois l’assemblée terminée, des membres de l’Union des Minorités raciales et ethnoculturelles francophones (UP/MREF) ont dénoncé le manque de transparence dans le processus qui avait mené aux élections.

La nouvelle présidente de l’AFO reconnaît l’existence de ces dissensions. «Il y a toujours eu des querelles entre francophones, même au départ, quand on a crée l’ACFO. Aujourd’hui, la plupart des gens voudraient travailler avec l’AFO. En revanche, d’autres, il est vrai, hésitent à s’embarquer. Tout l’enjeu consiste ici à voir comment on peut s’entendre et démontrer à ces personnes qu’il y a possibilité de travailler ensemble», a-t-elle fait valoir, en entrevue à L’Express.

Mariette Carrier-Fraser entend travailler étroitement avec les différents organismes afin que l’AFO ait plus d'influence auprès des instances gouvernementales.

«Les différentes associations sont très fortes. Elles n’ont pas besoin de l’AFO pour faire leur travail. Elles le font très bien toutes seules. Cependant, il est important pour l’AFO de bâtir une relation avec ces mêmes organismes, de voir comment on peut travailler ensemble. Il y a différents dossiers sur lesquels on peut collaborer pour avoir une force de frappe encore plus importante», souligne la présidente.

40 ans de militantisme

À 62 ans, cette ancienne fonctionnaire à la retraite vient remplacer le jeune président du conseil provisoire de l’AFO, Simon Lalande. Ce dernier en profite pour reprendre ses études universitaires, interrompues, en novembre dernier, par son élection à la présidence de l’organisme.

Mariette Carrier-Fraser est, quant à elle, active dans la communauté francophone depuis plus de 40 ans. Elle a d’abord été enseignante, directrice d’école, avant de devenir sous-ministre adjointe pour l’éducation franco-ontarienne de 1983 à 1989. Son poste de sous-ministre l’a amenée à voyager aux quatre coins de la province. À Toronto, où elle a vécu pendant cinq ans, Mme Carrier-Fraser a été présidente de la Franco-Fête. Elle vit présentement à Hamilton.

La nouvelle présidente de l’AFO se sent d’attaque face à la vaste mission qui vient de lui être impartie. Le dossier le plus important, à ses yeux, concerne la question du financement de l’AFO. Rappelons à ce sujet que l’ACFO, l’un des organismes parents de l’AFO, devait souvent patienter de longs mois avant de voir arriver les chèques de Patrimoine Canada.

La présidente de l’AFO croit que le projet de loi S-3, qui oblige Ottawa à prendre des «mesures positives» pour favoriser l’épanouissement des minorités linguistiques, va venir modifier la donne en incitant le gouvernement fédéral à prendre ses responsabilités à l’égard des communautés francophones.

«Les ministres fédéraux doivent s’assurer que l’on rencontre les besoins de nos communautés, fait-elle savoir. À cet égard, on peut dire que la collectivité francophone a été négligée depuis un bon nombre d’années», estime Mme Carrier-Fraser.

Celle-ci a encore mis en avant la volonté de l’AFO de créer des liens plus étroits avec la communauté des minorités raciales et ethnoculturelles, désormais part intégrante de la francophonie ontarienne.

Points de dissension

À l’extérieur de la salle de réunion, le président de l’Union provinciale des minorités raciales et ethnoculturelles francophones (UP/MREF), Séverin Ndéma-Moussa, n’a pas souhaité commenter le résultat des élections ce jour-là. Visiblement mécontent, il a préféré laisser la parole à Alain Keutcha, dont les idées, a-t-il dit, rejoignaient les siennes.

M. Keutcha est lui aussi membre de l’UP/MREF et directeur administratif du Centre de développement économique et social du grand Toronto. Il parle successivement de «mensonge» et de «manque de volonté» quand vient le moment d’évoquer le processus débouchant sur la tenue des élections de samedi dernier. «Tout le monde doit se trouver dans le grand bateau de la francophonie, mais aujourd’hui, il y a beaucoup de frustration», lance-t-il.

M. Keutcha explique que la date limite pour le formulaire de mises en candidature à la présidence de l’AFO était fixée au 30 mai dernier, à minuit. Or la candidature d’Eddy Lukuna, le troisième prétendant au poste de président, est arrivée au début du mois de juin. Simon Lalande a confirmé qu’une faute de frappe était venue se glisser dans le bulletin d’information, la date limite ayant toujours été fixée au 9 juin.

Cependant, pour Alain Keutcha, l’erreur en question relève d’une intention volontaire. «Il y a ici un jeu d’apparence. On veut faire croire, en achetant un certain nombre de groupes, que la francophonie est colorée. Mais ce sont des gens qui risquent de ne défendre qu’une seule voix. Nous, on aurait souhaité élire des représentants valables qui viennent défendre les intérêts de notre communauté et non des intérêts personnels», a-t-il plaidé.

Un autre point de litige porterait sur une réunion de l’UP/MREF qui aurait été annonçée en catimini, à quelques jours des élections. Seulement certains membres de l’organisme y auraient été conviés, au détriment de tous les autres. «Il y a un conflit inhérent entre le conseil d’administration de l’UP/MREF et certains membres de l’organisme qui complotent», accuse Alain Keutcha.

Le conseil d'administration

L’assemblée générale annuelle de samedi dernier avait aussi pour objectif de désigner les 24 personnes siégeant sur le conseil d’administration de l’AFO. Les membres du conseil sont:

Nord-est: Guylaine Scherer
Nord-ouest : à combler
Centre: Lynne Cayouette Vraets
Sud-ouest: Boss Malumalu Madimba
Est: Martial Levac
MREF: Brigitte Chatué, Ferdinand Kashama, Nicole Alexis, à combler
Aînés et retraités : à combler
Arts, culture et patrimoine: Laurent de Crombrugghe
Besoins spéciaux: France Tolhurst
Centres culturels et communautaires: Élaine Legault
Communication: Marius Ouellet
Coopératives: Woilford Whissel
Développement communautaire: Suzanne Roy
Économie: Nicole Sauvé
Éducation: Paul Taillefer
Femmes: Élaine Déry
Jeunesse: François Ouimet
Justice: Sonia Ouellette
Municipal: à combler
Santé: Marc Bédard

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