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Le défi de la stigmatisation reste à relever

Ontario français

Par Darnace Torou – Semaine du 21 décembre au 27 décembre 2009

Le défi de la stigmatisation reste à relever

Quelques participantes à la récente assemblée générale d’APAA, organisme qui vient en aide aux Africains de Toronto touchés par le sida.

Foulards multicolores, boubous africains, costumes cravates, visages résumant la diversité multiethnique, sourires, longues accolades, telles étaient les images observables dans la salle Essex de l’hôtel Ramada ce soir du vendredi 11 décembre, dix jours après la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Les travailleurs dans le VIH/SIDA, les bailleurs de fonds, activistes, les amis et les clients sont venus, nombreux, assister à la 15e Assemblée générale d’Africans in Partnership Against AIDS (APAA).

La réunion a commencé par la présentation de Dr Adriana Carvalhal Professeur à l‘Université Mc Master d’Hamilton sur le traitement du VIH/SIDA et la dépression. Elle a été suivie avec beaucoup d’attention, car de nombreux malades sous traitement s’interrogent sur les effets secondaires des médicaments sur leur devenir et attendent surtout, d’une façon ou d’une autre, d’être rassurés par des spécialistes.

Après un copieux dîner concocté par un chef de l’Asie du Sud-Est qui a su efficacement satisfaire les exigences gastronomiques des carnivores et des végétariens, l’autre partie de l’AG pouvait commencer.

Notons tout de même que des jeunes artistes ont exposé leurs grands talents tant en musique qu’en poésie, le thème récurrent étant l’amour et ses dangers, la compassion, la responsabilité, des concepts qui font souvent défaut dans le monde cruel des malades du VIH.

Un tournant

Le président du Conseil d’administration, M. El-Farouk Khaki, s’est réjoui de la présence de tant de monde, en dépit du froid sibérien régnant à l’extérieur. Il s’est félicité du caractère inclusif d’APAA qui, au mieux de ses possibilités, s’est occupée des personnes, sans distinction d’origine ou d’orientation sexuelle.

Il a noté que le défi de la stigmatisation restait encore à relever, notamment en Afrique où des pays comme l’Ouganda examinent des projets de loi criminalisant l’homosexualité et appelant à la délation.

Pour M. Farouk, APAA a atteint un niveau de maturité, car non seulement l’organisme a parrainé la fierté gaie de cette année, mais a entrepris un partenariat opérationnel avec des groupes religieux, tant chrétiens que musulmans, conscients des problèmes et prêts à intégrer le message de la prévention dans leurs sermons.

Mme Fanta Ongoiba, directrice d’APAA, s’est appesantie sur la place de l’organisation au sein de la communauté torontoise en général et africaine en particulier.

Elle a fortement insisté sur la nécessité d’une collaboration sincère entre tous les acteurs, organismes comme individus, oeuvrant dans le domaine du VIH/SIDA pour le bien-être des personnes aux prises avec cette maladie. Après des débuts laborieux, APAA peut toucher tous les Africains disséminés dans l’immensité torontoise.

Le personnel se compose présentement de 13 personnes, dont une coordonnatrice francophone, un travailleur d’approche anglophone, un responsable des RH, une coordonnatrice des filles et jeunes femmes de confession musulmane, entre autres.

Les 135 bénévoles ont mis 3841 heures de leurs talents, de leurs compétences, leur enthousiasme au service des différentes communautés desservies par APAA, sans compter le nombre accru des étudiants en placement.

Mme Ongoiba a enfin rendu un hommage appuyé aux Laboratoires Abbott dont la généreuse contribution financière a permis l’organisation de l’événement à Ramada Hôtel. .

Un combattant précoce?

Mme Ongoiba a brièvement évoqué la présence de sa famille, pour signaler en particulier celle de son fils Issa, âgé de 7 ans.

Pendant la présentation de Dr. Adriana Carvalhal, Issa prenait, méthodiquement et consciencieusement des notes. Fierté légitime d’une mère, cela se comprend. Vocation précoce? Simple pratique de l’apprentissage? Autant reprendre l’adage selon lequel, aux gens bien nés, la valeur n’attend pas le nombre d’années! Les années, bien sûr, le confirmeront!

Commentaires

Excellent article ! J'ai assiste a cette memorable soiree et, en lisant ce reportage, c'est comme si je m'y retrouvais encore pas en replay, mais "in live"... Bravo Darnace !

Claude Isofa Nkanga Bokembya22 décembre 2009 11:17

Darnace !

La composante ethno religieuse devient très importante dans notre communauté ethno culturelle multilingue d'aujourd'hui et de demain. Comme tu le mentionnes déjà, bien qu’en filigrane, pour soutenir le propos du PCA M. Farouk, je cite ; « APAA a atteint un niveau de maturité, car non seulement l’organisme a parrainé la fierté gaie de cette année, mais a entrepris un partenariat opérationnel avec des groupes religieux, tant chrétiens que musulmans, conscients des problèmes et prêts à intégrer le message de la prévention dans leurs sermons », c'est l’œcuménisme religieux autour du VIH/SIDA qui conduit APAA vers sa phase de maturité. Si les autres organismes torontois « ethno-quelque chose » peuvent calquer ce modèle d’APAA, nous n’arriverons certainement pas au choc des civilisations selon l’expression de Samuel P. Huntington.

Bien à toi.

Alain Ngouem

Alain Ngouem29 décembre 2009 10:52

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