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Les caprices des moyens de transport

En bon français

Par Martin Francoeur – Semaine du 24 mars au 30 mars 2009

Le printemps est revenu. Les journées allongent, la neige fond, les terrasses accueillent de nouveau quelques clients hardis ou peu frileux. C’est le prélude à la belle saison. Il ne faudra donc pas s’étonner de voir de plus en plus de gens enfourcher leur bicyclette. Ils se promèneront à vélo au lieu de se prélasser en skis.

Vous me voyez venir? J’ai maintes fois hésité sur l’emploi des prépositions «à» et «en» devant un moyen de transport. Et j’ai pensé que je pourrais partager les meilleurs éléments de réponses que j’ai trouvés pour déjouer cette hésitation.

Doit-on dire «se promener à vélo» ou «se promener en vélo»? Il est normal de se questionner parce qu’on entend les deux fréquemment. À proprement parler, l’un et l’autre ne sont pas fautifs.

La Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française nous donne quelques explications pertinentes quant à l’emploi des prépositions devant un moyen de transport. La règle qui semble prévaloir est assez simple. S’il s’agit d’un moyen de transport à l’intérieur duquel on peut prendre place, alors on utilisera la préposition «en». Le sens de celle-ci s’apparente à celui de la préposition «dans», qui évoque le fait de devoir se trouver «à l’intérieur» de quelque chose.

Suivant cette logique, on dira qu’on fait une promenade «en voiture», un voyage «en train». À l’opposé, on peut faire une randonnée «à cheval» ou se rendre quelque part «à vélo». La préposition «à» doit être privilégiée quand il s’agit d’un moyen de transport qu’on enfourche.

Mais puisqu’il fallait bien compliquer les choses ne serait-ce qu’un tout petit peu, on nous informe qu’avec les mots «bicyclette», «scooter», «vélo» et «skis», on peut aussi bien utiliser «à» que «en». Les gens de l’Office québécois de la langue française nous disent que «les tournures avec en se sont répandues dans la langue courante, dans des dictionnaires ainsi que chez des écrivains, bien que cet emploi demeure critiqué par certains grammairiens».

Il est donc tout à fait légitime, finalement, de parler d’une promenade «en bicyclette» ou d’une promenade «à bicyclette». Et même si on a naturellement tendance à dire «une descente en skis», on peut aussi bien dire «une descente à skis». Après tout, les skis ne sont ni un moyen de transport à bord duquel on prend place, ni un truc que l’on enfourche…

Dans le cas des patins ou des patins à roues alignées, on utilisera nécessairement la préposition «en». On se promène donc en patins à roues alignées», tout comme on se déplace «en bécane» ou «en traîneau», par exemple.

Il arrive que l’on trouve aussi la préposition «sur», notamment lorsque la préposition est suivie d’un article, d’un déterminant possessif ou d’un déterminant démonstratif. Comme dans la phrase: «Il a de la difficulté à se tenir debout sur ses skis». Ou encore: «Il semblait inconfortable sur sa bicyclette».

Même si de prime abord il existe une règle concernant l’emploi de «à» ou de «en», on se rend vite compte que c’est l’usage qui dicte quelle préposition on doit privilégier.

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