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Obama réaffirme son intention de «mettre fin» à la guerre d'Irak

International

Semaine du 8 juillet au 14 juillet 2008

WASHINGTON (AP) – Le candidat démocrate Barack Obama a réaffirmé samedi son engagement à «mettre fin à la guerre» en Irak, après avoir donné l'impression qu'il pourrait revenir sur sa promesse de rapatrier les soldats américains dans les 16 mois.

M. Obama, qui s'exprimait devant la presse à bord d'un avion, a souligné avoir été mal compris. «J'ai été assez perplexe de constater les remous causés par une déclaration que je pensais inoffensive. Je suis absolument déterminé à mettre fin» au conflit en Irak, a-t-il déclaré.

Le sénateur de l'Illinois avait dû s'expliquer longuement jeudi soir sur sa politique en Irak. Évoquant son prochain voyage sur place, il avait déclaré: «Je vais me livrer à une évaluation sérieuse quand j'y serai. Je suis sûr que j'aurai plus d'informations et que je pourrai continuer à affiner ma politique.»

Le candidat a ainsi donné l'impression que ses rencontres avec les commandants militaires en Irak pourraient modifier sa promesse de rapatrier les soldats américains dans les 16 mois suivant son accession au pouvoir. Une heure plus tard, Barack Obama était revenu devant la presse pour apporter des précisions, estimant n'avoir «pas été assez clair»: «J'ai dit tout au long de cette campagne que cette guerre avait été mal pensée, que c'était une bévue stratégique et qu'il fallait y mettre un terme», déclarait-il.

«J'ai aussi dit que je me montrerais réfléchi et prudent sur la façon dont nous en sortirons. Cette position n'a pas changé. Je ne cherche pas à me créer une marge de manoeuvre vis-à-vis de cette position», a-t-il expliqué.

Par ailleurs, l'opération séduction lancée par Barack Obama pour élargir son électorat potentiel aux modérés pousse les Républicains à ironiser sur le fait que son message de changement ne s'applique qu'à ses propres positions d'antan...

Malgré le démenti rapide du candidat démocrate sur l'Irak, les Républicains n'en démordent pas: pour eux, cela prouve qu'il est un «homme politique typique», selon Alex Conant, un de leurs porte-parole. «Il semble ne pas y avoir de sujet sur lequel Barack Obama ne serait pas prêt à revenir sur ses engagements au nom de l'expérience».

Mais ce n'est pas tout. Obama a défendu la peine de mort pour les violeurs d'enfants. Il s'est montré équivoque sur la question d'un contrôle strict sur les armes à feu. Il a soutenu les directives autorisant le gouvernement à espionner les suspects de terrorisme. Il a prôné l'augmentation du financement fédéral du travail social des mouvements religieux.

Des militants pro-choix en matière d'avortement s'inquiètent aussi de l'avoir entendu dire que la «détresse psychologique» ne devrait pas être une exception de santé permettant l'avortement tardif, jugeant qu'il fallait pour cela une «raison physiologique sérieuse».

Comme pour l'Irak, la droite accuse Obama de cynisme en adoptant ces points de vue traditionnellement républicains. Ses partisans affirment qu'il se repositionne adroitement vers le centre, en accord avec sa philosophie personnelle modérée.

«Le plus important, en politique, c'est la marque», note Matthew Dowd, ancien stratège de George W. Bush. «La marque d'Obama, c'est qu'il fera de la politique autrement, il s'est construit là-dessus depuis un an et demi. Mais ces derniers jours, il y a fait des entorses».

«Si j'étais un responsable de la campagne d'Obama, je me demanderais comment je peux rester fidèle à cette marque, celle de l'homme politique qui veut changer la façon dont les choses fonctionnent à Washington», conclut Dowd.

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