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Homophobie: «Je veux être authentique mais j’ai peur des représailles»

Ontario français

Par Carole Nkoa – Semaine du 22 mai au 28 mai 2007

Homophobie: «Je veux être authentique mais j’ai peur des représailles»

De g. à d.: Jean-Rock Boutin, Richard Desrosiers, Marcel Grimard et Jean-François Gagnon.

Le 17 mai 2007 était la Journée internationale contre l’homophobie. L’organisme francophone de Toronto, FrancoQueer a invité la communauté francophone à un atelier d’information animé par Richard Desrosiers, professeur à l’Université du Québec à Montréal sur le fait homophobique.

«L’homophobie reste un problème de société énorme. Il y a encore l’illusion que maintenant les gais ont obtenu leurs droits», commence M. Desrosiers, historien et professeur retraité de l’Université du Québec à Montréal.

Pour répondre à cette réalité, des organismes comme FrancoQueer sont nés pour rassembler et représenter la communauté francophone GLBTQ.

«Notre mission est de rassembler et représenter les gais, lesbiennes, bisexuels, transsexuels, trans-genres et queers (GLBTQ) d’expression française sur une base locale, régionale et provinciale en Ontario mais aussi d’assurer le respect des droits des membres de la communauté GLBTQ», nous éclaire Jean-François Gagnon, président sortant de FrancoQueer.

L’organisme torontois a à peine deux ans et est déjà constitué de 350 membres dont la majorité proviennent de Toronto mais aussi de toute la province. «Nous sommes composés de francophones, francophiles et franco-ontariens. Les membres nous rejoignent beaucoup grâce à notre site Internet.» L’un des principaux objectifs de l’organisme est d’offrir un volet social et de permettre aux membres de se rapprocher.

Depuis sa création, FrancoQueer a développé sa présence dans la communauté en se montrant accessible et ouvert à toutes les personnes désireuses de contribuer à sa mission.

Par exemple, au tableau des événements organisés pour les membres, on compte, entre autres, des rencontres mensuelles au lounge Lub entre gais et lesbiennes «pour sortir de l’isolement linguistique et social», précise le président sortant. «Une clientèle plus sensible participe aux activités en faisant du bénévolat. Un comité social s’est formé est propose aussi des 5 à 7 les jeudis soirs avec des soirées causerie», continue Jean-François.

Briser l’isolement est une des priorités de FrancoQueer mais l’organisme est aussi très préoccupé par son devoir d’information et de sensibilisation de la communauté à l’homophobie. D’ailleurs l’organisme développe et multiplie les partenariats dans la communauté. «Un partenariat a été réalisé avec le Centre de toxicomanie et de santé mentale pour présenter les résultats d’une étude montréalaise réalisée dans le cadre de la problématique de la qualité de vie avec le VIH».

Pour lutter contre l’homophobie, la prévention est incontournable. Jean-François Gagnon se sent particulièrement impliqué dans cette question. «Je suis très sensibilisé par cette journée surtout par l’homophobie en milieu scolaire et principalement au secondaire. Les jeunes homosexuels vivent de la violence et des abus; c’est quelque que chose qui me touche beaucoup et je veux sensibiliser les jeunes à l’homophobie.»

Richard Desrosiers poursuit la réflexion en rappelant la réalité toujours présente: «Les préjugés contre les homosexuels perdurent. L’homosexualité a été un crime puis un péché et une maladie. Dans les écoles, l’homosexualité est honteuse. Les enseignants, par exemple ne reçoivent pas de formation pour intervenir contre les actes homophobes. C’est très bon qu’il y ait une journée internationale pour sensibiliser.»

FrancoQueer entame pour sa deuxième année des travaux de fond qui vont amener l’organisme à parcourir la province pour connaître les besoins des gais, lesbiennes, bisexuels, transsexuels, trans-genres et queers, pour mettre en place un forum d’information et offrir des services adéquats.

Mais pour l’heure, le président sortant se montre satisfait de la grande visibilité acquise par l’organisme notamment auprès des médias et de la forte consultation du site Internet. «Cette année, on a montré, qu’on est là, qu’on existe», conclut-il.

Plus d'informations sur www.francoqueer.ca

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