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Les crimes «à la chaîne» devenus une banalité en Afrique du Sud

International

Par Bruno de Faria-Lopes – Semaine du 24 avril au 30 avril 2007

Aujourd’hui en Afrique du Sud, le crime est omniprésent. Dans la rue, à la maison, au travail. La population est chaque jour victime de meurtres, viols, tortures et mutilations. Parmi elle, la communauté afrikaner affronte une réelle menace d’extinction culturelle et ethnique. Il semblerait même que le gouvernement profite de cette situation pour se «venger» de ces anciens «adversaires politiques».

Avec la Colombie et l’Iraq, l’Afrique du Sud fait partie des pays les plus dangereux de la planète.

Une criminalité que les autorités n’arrivent pas, et parfois même ne semblent pas vouloir enrayer. Les chiffres font froid dans le dos. Chaque jour on relève plus de 300 meurtres ou agressions violentes dans le pays. Selon le très sérieux magazine allemand Der Spiegel, on compte chaque année en Afrique du Sud, 18 500 meurtres, 20 500 tentatives d’assassinat, 55 000 viols, 227 000 agressions violentes et au moins 5 000 enlèvements.

À cela s’ajoute le nombre croissant de disparitions d’enfants, car les pratiques de sorcellerie et de sacrifices humains sont réapparues depuis la fin de l’apartheid, aboli le 30 juin 1991 et validé en référendum par la population blanche le 7 mars 1992.

Le crime touche tout le monde

Le gouvernement de Thabo Mbeki a même interdit la publication de chiffres officiels. Ceux mentionnés plus haut sont, selon toute vraisemblance, en deçà de la réalité. Le président, qui reste très contradictoire dans ses commentaires à ce sujet, a d’ailleurs déclaré que la majorité des Sud-Africains ne pensent pas que la criminalité augmente, avant de reconnaître devant le Parlement que les citoyens vivent dans la peur.

Le gouvernement réagit souvent en déclarant que les seuls à avoir peur sont les Blancs. Cependant, Noirs ou Blancs, le crime n’épargne personne. Mais il est vrai que les Blancs, en particulier les Boers, «fermiers» (descendants des colons hollandais, allemands, mais aussi français) ont des raisons particulièrement inquiétantes d’avoir peur.

Si le crime, dans son ensemble, ne fait pas de distinctions raciales, les motivations et le contexte politico-social qui règnent autour des crimes contre les Blancs sont particuliers et méritent une analyse. Les crimes ne sont pas commis exclusivement par les Noirs, à l’encontre des Blancs.

D’ailleurs, les victimes noires sont plus nombreuses. La pauvreté et les pratiques sexuelles aberrantes sont sans doute les principaux motifs au crime et au viol. Ce qui frappe en revanche, c’est la très claire volonté du gouvernement d’évincer les Blancs et principalement les Afrikaners du panorama culturel et politique sud-africain. Le ministre communiste de la Sécurité, Charles Nqakula a même déclaré que «si vous n’aimez pas le crime, alors partez».

D’après Malan Jacobs, un chercheur sud-africain sur le crime et créateur du site www.truecrimexpo.co.za, la plupart des Noirs n’osent pas dénoncer le crime. C’est un sujet bizarrement tabou, synonyme de déloyauté vis-à-vis de l’ANC (parti de Nelson Mandela au pouvoir depuis 1994). Selon lui, «les Blancs et les Indiens sont plus à même de dénoncer un crime aux autorités.

Cela pourrait s’expliquer par le manque de force de police dans les zones pauvres et par le fait que la population noire est plus habituée au crime car ils en faisaient déjà l’expérience avant 1994».

Afin de changer une société injuste et cruelle, héritière de l’apartheid, l’ANC commença alors une réorganisation du pays. Au programme, discrimination positive pour favoriser l’embauche des Noirs et ainsi rétablir un équilibre somme toute nécessaire. Un équilibre qui a vite fait de basculer dans le sens contraire. Aujourd’hui, un jeune Blanc, mieux qualifié que son homologue de couleur, n’a quasiment aucune chance de trouver du travail, et se voit contraint dans le meilleur des cas de partir à l’étranger.

Autre fait, les changements de noms des villes. Il est intéressant de voir que seules les villes à consonance afrikaner sont changées. Un processus qui fait son chemin lentement mais sûrement.

Crimes caractéristiques

Mais au-dessus de toutes ces choses, ce sont les exactions commises à l’encontre des fermiers qui frappent le plus. Par leur cruauté d’une part, mais également par l’absence totale de volonté du gouvernement d’y apporter une réponse et une condamnation.

En à peine plus de 10 ans, plus de 1600 fermiers blancs ont été massacrés. Souvent des familles entières, des nourrissons et leurs mères, violées et torturées.

Ce n’est pas la première fois que les fermiers blancs sont la cible d’un gouvernement africain. Mais contrairement au Zimbabwe, où la totalité des fermiers ont été chassés et peu ont été tués, en Afrique du Sud il y a une volonté d’élimination d’un groupe.

Cela trahit également un climat de racisme profond, ancré au sein même des souches de l’ANC d’une part, et chez les criminels d’autre part. En effet, sur la scène d’un crime, il y a peu de vols ou de motivation pour récupérer une terre comme au Zimbabwe. Le meurtre est gratuit, d’une barbarie extrême.

On pourrait croire que les Blancs font juste partie du lot malheureux d’une criminalité générale, ce qui est vrai. D’autre part, dans le fond peu importe la couleur de la victime. Des hommes se font assassiner, et ce simple fait est inadmissible.

Néanmoins, on ne peut ignorer l’existence d’un climat politique révélateur. Il arrive que jeunes (et moins jeunes) de l’ANC entonnent des chants d’un assez mauvais goût lors de leurs rassemblements. Des chants hérités de la lutte anti-apartheid, réadaptés afin de transmettre un nouveau message politique. Ainsi une chanson telle que «One bullet, one boer» (une balle pour un fermier) est souvent au rendez-vous, et même dans les boîtes de nuit.

L’Américain Gregory H. Stanton, spécialiste du génocide, a averti que les fermiers blancs en Afrique du Sud seraient en train d’en subir un. Il a identifié huit étapes de génocide, en comparant leur histoire à travers le XXe siècle. Selon ces études, les plus de 1600 fermiers tués depuis 1991, pourraient être classés comme des crimes définis en tant que génocide. Cela à cause du caractère volontaire de déshumaniser les victimes par la torture et par des mises en scène macabres des corps.

Selon un autre rapport révélé sur www.issafrica.org, être fermier serait huit fois plus dangereux que n’importe quelle autre profession. De plus, si les Blancs sont les principales victimes, le nombre de fermiers noirs tués ne cesse de croître. Et le gouvernement d’ajouter que seules les attaques mortelles sont considérées comme un crime.

De quoi se demander où a bien pu passer la fameuse réconciliation nationale prônée par Nelson Mandela lors de son investiture. Des rumeurs très sérieuses circulent même quant à l’organisation d’un massacre des Blancs à Johannesburg au lendemain de la mort de Mandela. D’ailleurs, la police sud-africaine ne nie en rien ces menaces et les considère comme sérieuses. Espérons que la population noire modérée, tout de même importante, saura peser le moment venu.

Cette forte criminalité est aussi souvent le fait, avéré, d’immigrés clandestins venus de toute l’Afrique. Nigérians, Zimbabwéens, Mozambicains et autres franchissent chaque jour l’immense frontière sud-africaine, attirés par les richesses du pays. Une grande partie de la criminalité à Johannesburg leur est très largement imputée. Il serait souhaitable que ces problèmes puissent être réglés avant la prochaine coupe du monde de football en 2010, en Afrique du Sud.

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